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L’univers est sans conteste une Œuvre d’art extraordinaire
dont aucun mot ne peut en décrire la grandeur et l’ineffable
magnificence. Son origine et sa raison d’être restent un mystère
entier face aux limites de notre esprit rationnel qui ne saurait
aller au delà du big bang… et le supposé créateur de cette Œuvre
unique, appelé communément Dieu, de ne pouvoir être appréhendé
autrement que par notre conscience d’être vivant, c'est-à-dire de
naître et de mourir.
La peur de la mort a toujours poussé l’être humain à s’interroger
gravement sur le sens à donner à son existence. Gravité
renforcée par la conscience de notre terrible pouvoir de vie et de
mort sur la nature vivante. Face à notre pouvoir de transformation
de la matière. Face à notre responsabilité du devenir de cette
planète dont nous semblons être les héritiers privilégiés.
Animée par un mouvement à la fois précis et libre, cette
Œuvre est étrangement vivante en dehors et en dedans de tout. Elle
s’étend à l’infini dans ce qu’il y a de plus petit et de plus grand.
Elle semble être là spécifiquement pour nous comme elle l’est sans
doute pour le reste de l’univers. Elle est l’esprit du temps qui
nous donne une échelle de valeur de sa toute puissance éternelle.
Elle est l’esprit de la matière qui donne un sens à notre existence
éphémère. Elle est la vie telle que chacun la vit, elle est la mort
telle que chacun la meurt. Elle est la vie et la mort. Elle est
l’énergie palpable et impalpable de l’univers. Elle est la Création
en puissance dont il est vain de chercher à comprendre la raison de
sa manifestation terrestre. La Création agit et se manifeste en moi
et autour de moi par une énergie qui me pousse à créer en
permanence : Plus je crée, plus je donne un sens à mon existence. Je
crée donc j’existe.
Ainsi la pulsion créatrice est une énergie fondamentale de la
nature vivante et permet de renforcer chez l’être humain le sens
qu’il tente de trouver à son existence. Assis, debout, allongé, au
calme, agité, en éveil ou en sommeil, l’esprit crée. Il crée en
permanence. Par la matière et par l’esprit. C’est pourquoi le
sentiment de n’être pas créateur de sa vie engendre un conflit. Ce
sentiment freine l’élan inné de notre réalité créatrice. Toute
souffrance est engendrée par ce seul sentiment d’insatisfaction
créative. Nous voyons bien chez l’enfant cet élan inné vers la
création pure et l’émerveillement de la création. Un environnement
propice à son développement lui permet sûrement d’affermir son
sentiment existentiel d’être un créateur en puissance et de faire de
sa vie une œuvre d’art. Créateur dans sa vie, créateur de
sa vie. Le bonheur est ainsi vu comme la capacité à composer en
toute satisfaction avec les données de sa réalité pour créer son
œuvre unique de vie.
La remise en cause fondamentale de son développement trouve un sens
dans la prise de conscience de sa carence créative. Une formidable
prise de conscience qui amène de plus en plus de personnes à vouloir
aujourd’hui combler cette carence par des activités d’éveil à sa
propre réalité créatrice..
Mustapha Raïth
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