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Chez les Maya,
quatre couleurs
désignant les génies des
quatre points cardinaux
dominent la terre et
inspirent les sentiments
de l'homme, comme des
jets de semence :
Au blanc correspondent le Nord, le premier
arbre, le premier homme, la promesse et l'espoir;
Au
noir, l'Occident, le centre cache et invisible, la mère,
la nuit, le malheur et la mort;
Au rouge, l'Est, le
miel, l'avidité pour les richesses et le pouvoir;
Au
jaune, le Sud, le maïs, la terre nourricière.
Chez les Indiens Pueblo
:
Jaune-Maïs = Nord;
Bleu = Ouest ;
Rouge = Sud;
Blanc = Est;
Moucheté = Au-dessus;
Noir = Au-dessous
;
Lieu du foyer
allumé, centre du Monde = Multicolore.
Chez les Indiens de
la Prairie
Rouge = Ouest;
Bleu = Nord;
Vert = Est ;
Jaune = Sud
Dans les traditions de l'Islam
le
symbolisme des couleurs est très riche
et
imprégné lui aussi de croyances
magiques.
Les animaux noirs sont considérés comme
néfastes.
Un chien noir cause la mort
dans la famille. Les poules noires sont
employées en sorcellerie. Le noir est
utilisé comme charme contre le mauvais
œil, comme moyen d'influer sur le
temps, selon le principe de la magie
homéopathique. Le blanc, couleur de la
lumière et de l'éclat, est au contraire
de bon augure. Une vertu magique est
attribuée au lait, partiellement pour sa
couleur. A Fez, aux fêtes de
fiançailles, on fait boire du lait pour
rendre la vie blanche. Dans les mariages
à la campagne, on éclabousse la mariée
de lait. Farine, laine, œufs blancs
sont favorables. La blancheur de
l'argent aussi. Quand une personne est
malade et qu'on lit sur elle une
incantation ou qu'on lui délivre un
charme, il faut qu'elle donne au
médecin ou scribe de l'argent ou
quelque chose de blanc.
Le vert aussi est de bon augure; il est
symbole de la végétation. Offrir à
quelqu'un un objet vert, surtout le
matin, lui porte chance. On jette de
l'herbe dans la direction de la nouvelle
lune pour rendre le mois vert ou béni.
La verdure qui pousse grâce à l'eau,
source de vie, est censée produire un
effet sur le mort, on lui transmet tant
d’énergie vitale. Dans certaines parties
du Maroc, on place aussi des rameaux de
myrte ou des feuilles de palmier dans le
fond de la tombe.
Le Jaune, couleur de l'or et du soleil,
possède une vertu magique. Le safran
doit ses propriétés prophylactiques à sa
couleur.
Mais les couleurs nous transportent en
outre à un autre niveau du symbole. Pour
les mystiques, une échelle de couleurs
représente les manifestations de la
Lumière absolue dans l'extase. Ainsi,
chez Jelàl-ed' Din Rûmi, l'une va du
bleu, rouge, jaune en passant par le
blanc, le vert, le bleu pâle, jusqu'à la
lumière sans couleur. Une autre échelle
va du blanc (couleur de l'Islam), Jaune
(couleur du croyant), bleu foncé
(couleur du bienfait), vert (couleur de
la paix), azur (couleur de la certitude
intuitive), rouge (couleur de la Gnose),
au noir (couleur de l'Existence divine,
c'est-à-dire la couleur au sens propre
dans laquelle sont comprises toutes les
couleurs et où l'on ne peut plus
reconnaître d'autres couleurs).
La lumière du corps (l'Adam de ton être)
est de couleur gris fumée, virant au
noir; celle de l'âme vitale (le Noè de
ton être) est de couleur bleue; celle du
cœur (Abraham) est de couleur rouge;
celle du for intime (Moise) est blanche;
celle de l'esprit (David) est de couleur
jaune; celle de l'arcane (Jésus) est
d'un noir lumineux ; celle du centre
divin (Mohammad) est d'une couleur verte
éclatante, car la couleur verte est plus
appropriée au secret du mystère des
Mystères.
Les couleurs ont revêtu également une
signification politique en Islam. La
couleur noire est entrée avec les
Abbassides dans les emblèmes du Califat
et de l'État en général. Les étendards
noirs sont devenus le symbole de la
révolte abbasside.
Suivant Bûkhari et Muslim, le Prophète
portait un turban noir le jour de son
entrée à La Mecque; on dit aussi que son
drapeau personnel, appelé AI-'ikab,
était noir. Selon d'autres traditions,
il était de couleur verte.
Un dicton rapporte que les Arabes ne
portaient le turban noir que lorsqu'ils
avaient une vengeance à exercer.
Le noir était la couleur du deuil en
Iran. L'usage a persisté en Islam.
L'historien maghrébin Makkari dit que,
chez les anciens musulmans d'Espagne, le
blanc était signe de deuil, alors que
chez les Orientaux c'était le noir.
On trouve ainsi conjointes les notions
de deuil, de vengeance et de révolte.
Le Calife portait un manteau noir, une
haute coiffure de même couleur; on ne
devait se rendre au palais que vêtu de
noir; c'est avec des vêtements noirs que
les notables allaient à la mosquée. Les
vêtements d'honneur étaient noirs. Comme
la garde-robe d'un grand personnage, les
étoffes, les rideaux de sa salle
d'audience. Le voile de la Ka'ba est
noir. Le port de vêtements blancs est
ordonné en guise de punition.
Comme la Couleur noire était l'emblème
des Abbassides, les Alides, par
opposition, adoptèrent le vert. Au début
de son règne, le calife Ma'mun,
sympathisant avec les Alides, abolit
l'usage du noir.
Le blanc devint l'emblème de la cause
des Umayyades. Les chroniqueurs
désignent les mouvements de révolte
Umayyade par l'expression de blanchir.
Peu à peu, le blanc deviendra l'insigne
de toute opposition. Les Carmâtes
marchent sous les drapeaux blancs. Par
extension, on donne le qualificatif de
blanche à une religion qui s'oppose à
l'Islam. On appelle la religion des
rebelles la religion blanche.
L'expression le Noir et le Blanc
signifie l'ensemble des sujets de
l'empire, loyaux et
rebelles. Les rebelles de Perse sont
souvent appelés les Rouges. Mais cela
procède d'un autre ordre d'idées. Dés
les temps préislamiques, les Persans et
les étrangers en général sont appelés
les Rouges par opposition aux Arabes,
les Noirs: d'où l'expression le Rouge et
le Noir, qui signifie chez eux tout le
monde.
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Traité
de l'Homme Parfait
de
Jili
(Insân-ul-kâmil)
L'auteur
déclare que les
mystiques ont vu les sept cieux qui
s'élèvent au-dessus des sphères de la
terre, de l'eau, de l'air et du feu et
qu'ils peuvent les interpréter pour les
hommes sublunaires :
a)
Le Ciel
de la Lune, invisible en raison de sa
subtilité, crée de la nature de
l'Esprit, demeure d'Adam ; sa couleur
est plus blanche que l'argent ;
b)
Le Ciel
de Mercure, demeure de certains anges,
créé de la nature de la pensée ; sa
couleur est grise;
c)
Le Ciel de Vénus, créé de la nature
de l'imagination, demeure du Monde des
Similitudes; sa couleur est Jaune ;
d)
Le Ciel du Soleil, créé de la lumière
n du coeur, est jaune d'or brillant ;
e)
Le Ciel de Mars, gouverné par Azraël,
ange de la mort; ce ciel créé de la
lumière du jugement est de couleur rouge
sang ;
f)
Le Ciel
de Jupiter, créé de la lumière, de la
méditation, habité par les anges dont
Michel est le chef, est la couleur bleue
;
g) Le Ciel de Saturne, créé de la
lumière de la Première Intelligence; sa
couleur est le noir.
Le même auteur décrit les sept limbes de
la terre,
auxquels correspondent aussi
des couleurs :
a)
La Terre des Ames, créée plus blanche
que le lait, mais devenue couleur de
poussière, après qu'Adam eut marché sur
elle après la chute, à l'exception d'une
(région vers le Nord, habitée par les
hommes du Monde invisible;
b)
La Terre des Dévotions, habitée par les Jinns qui croient en Dieu. Sa
couleur est celle de l'émeraude;
c)
La
Terre de la Nature, couleur jaune
safran, est habitée par les Jinns
incroyants ;
d)
La
Terre de la Concupiscence, habitée par
des démons, est couleur rouge sang;
e)
La
Terre de l'Exorbitance (arzu'l-
tughyân), habitée par les démons, est
couleur bleu indigo.
f)
La Terre de I'Impiété (arzu'l-llhld),
est couleur noire comme la nuit ;
g)
La Terre de la Misère (arzu'l-
Ihaqawâ); sol de l'Enfer.
Des sept cieux, des sept terres, nous
passons à l'homme intérieur et aux sept
cou leurs des organes de la physiologie
subtile.
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Pour
Djallal u-Din Rûmi (Le
maître des derviches tourneurs)
le rouge et le vert
symbolisent
également la grâce divine,
apportant à l'âme le message de
l'espoir, alors qu'elle était
dans l'obscurité, Le rouge
provient du soleil et est à ce
titre la meilleure des couleurs.
Selon la méthode du dhikr
(invocation du Nom divin) chez
les maîtres naqchabendites, on
envisage les centres subtils de
l'être humain en leur associant
des lumières correspondantes.
Ainsi, la lumière du cœur est
jaune; la lumière de l'esprit
rouge; la lumière du centre
subtil, appelé le secret,
blanche. Le centre appelé le
caché est noir. Le plus-caché a
une lumière verte.
Selon Alàoddwala Semanani (XIVè
s.) la coloration caractéristique des lumières, qui sont
les voiles ténus enveloppant chacun de ses centres
subtils, décèle au pèlerin l'étape de la croissance ou
de l'itinéraire spirituel où il se trouve.
Textes inspirés
en partie du dictionnaire
des symboles (Fayard)
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