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L’acte créatif procède de l’énergie originelle de la nature humaine.
Assis, debout, couché, le corps et l’esprit créent. L’être humain
crée en permanence. Cet élan naturel vers la création et
l’émerveillement que cela suscite se voit clairement chez l’enfant.
La création agit et se manifeste en nous et autour de nous par une
énergie qui nous pousse ainsi à créer constamment : Plus je crée,
plus je donne un sens à mon existence. Je crée donc j’existe.
Voilà pourquoi le sentiment de n’être pas créateur de sa vie
engendre un profond malaise existentiel qui peut trouver remède dans
une activité artistique.
Entre autres activités d’éveil à sa réalité créatrice,
l’expression artistique par le mandala est proposé ici parce que ce
dernier est un outil pédagogique et thérapeutique qui centre
l’attention sur soi et canalise le fluide créatif. A l’origine le
mandala est un support de méditation notamment chez les hindous et
les tibétains. Il a été introduit en occident par le psychiatre
Suisse Karl Gustav Jung qui n’a gardé que sa forme schématisée
pour en faire un support de connaissance de soi.
La puissance du mandala tient de sa structure géométrique
construite généralement à partir des quatre symboles fondamentaux :
Le centre, le cercle, le carré et le triangle. Cet alliage fait du
mandala un des plus puissant outils de connaissance de soi. La
pulsion créative se libère dans un esprit paisible et sécurisant. La
force de recentrage du mandala se trouve principalement dans le fait
que l’expression spontanée dans un cercle renvoie les images
archétypales de l’inconscient. Notons que le cercle est un
puissant symbole de la matrice cosmique. L’univers dans son
microcosme et son macrocosme semble élaboré autour de formes et de
mouvements circulaires et sphériques…
Un peu partout dans le monde on retrouve des expressions
artistiques centrées que l’on pourrait nommer mandala puisque ce
terme signifie cercle en sanskrit. Si la plupart des mandalas
orientaux sont organisés de façon précise pour servir de support à
une doctrine spirituelle, dans d’autres cultures leurs vertus
restent mystérieuses. En tout cas, depuis sa récente introduction en
occident, le mandala est utilisé de façon très libre et souvent
dénuée de sa dimension spirituelle. Si les mandalas à colorier
permettent une concentration paisible, leurs effets antalgiques se
différencient de ceux provoqués par le mandala créatif qui reste
l’apanage d’ateliers privés. Ses effets opèrent un travail en
profondeur. Plus vertigineux dans sa réalisation, le mandala créatif
nécessite non seulement une mise en situation appropriée mais une
certaine pratique en arts plastiques à moins d’être dirigé par un
professionnel. A noter que la notion d’esthétique se transcende dans
la puissance émotionnelle suscitée par la seule création de l’œuvre,
ce qui renforce le sentiment d’adéquation avec son moi. Je crée
donc j’existe…
Mustapha Raïth
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